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MES HISTOIRES

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Fidèles lecteurs,

Je voulais partager avec vous un étonnement. Lorsque les feuilles commencent à tapisser les sols de notre capitale, nos parisiennes enfilent de suite leurs manteaux de laine et couvrent leurs visages d’épaisses écharpes. Elles sont les premières à annoncer l’hiver, alors qu’il fait encore un doux 15°. Sans doute, sont-elles impatientes de changer de garde robe, dont elles se lasseront malheureusement en février,  quand alors elles dévaliseront les collections Printemps-été. La mode est sans cesse en décalage.

Tout ça pour dire que ce week-end, nos jambes pouvaient encore éviter les collants de Fantomette. Je me suis offert une petite promenade dans les allées boisées du bois de Boulogne, avec l’agréable compagnie de ma sœur. Bien sur, je n’ai pas fait exprès de mettre une jolie robe, avec des mocassins compensés de 15 cm (des vrais chaussons). Je me suis dit que c’était assez naturel de se promener de la sorte à Neuilly-les-bains. Que ça soit pour les souliers ultra provocateurs, ou la robe de l’élégante bien née. Oui, on croise toute sorte de gens dans les bois de Boulogne.

En vérité, aucune réflexion cet après-midi là, juste une envie d’essayer ma robe de gala et de faire quelques photos avec ma sœurette. Je ne porte jamais ces chaussures rouges parce qu’elles sont importables, donc je profite de l’incroyable imposteur qu’est la photographie pour leur donner un peu de vie. Et voilà, et voilà.

Robe cacharelJe vous présente mon équipe !

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Mes petits bouillons,

Après quelques semaines au Cambodge, me voilà bien acclimatée à mon nouvel environnement, dont je ne cesse de m’enchanter. Rues animées, ciel bleu, marchés regorgeant de trésors, bref il y a tout pour combler le mal du pays.

Et figurez vous que je suis tombée sur que quelque chose que je ne pensais pas retrouver ici, qui serait entre parenthèses. C’est quelque chose qui est plutôt occidental et en vogue en ce moment… Un vide-grenier!

Un des seuls vide-grenier à Phnom Penh, orchestré par une chanteuse australienne, nommée Amanda Bloom. Un réchauffement au cœur le temps d’un week-end, un flot de souvenirs, le Marché de la Mode Vintage à Lyon ou l’Espace des Blancs Manteaux à Paris. Bref un bouillon de mode en pleine jungle urbaine.

J’ai pédalé à toute vitesse tant j’étais empressée de voir les surprises que nous réservaient l’événement, qui a lieu régulièrement à Phnom Penh (« The history of things to come »).

Et me revoici en train de farfouiller dans la malle de ma grand-mère, plonger le bout de mon nez dans l’odeur des vêtements d’antan, aveugler mes yeux de couleurs et de motifs originaux, découvrir des styles avant-gardistes…tout cela dans un décor résolument vintage. Amateurs de mode, vous vous apercevrez que le vintage a tissé une toile robuste comme jamais…

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Je ne fais pas souvent des rencontres comme ça. Donc il faut que je vous la raconte ! C’était il y une semaine, le 12 septembre 2013.

Alors que je me promenais nonchalamment dans la rue, l’esprit ouvert, des petits miroirs ont percuté mon regard. Pas n’importe quels petits miroirs. Taillés en triangles, agencés comme ceux d’Arlequin, cousus sur du nylon pour donner souplesse et élégance au sac qui se cachait dessous. Un sac de couturier.

Animée par ma soif d’en savoir plus, je me jette sur la petite personne qui portait le sac. Un visage d’une femme d’environ 70 ans se retourne. Dites donc, sacrément branchée pour quelqu’un de son age ! Je prends quelques photos de son sac,  Issey Miyake. Je lui parle et découvre d’autres surprises…

Elle me montre un bonnet de pilote, en cuir vieilli…quel charme. Elle le met sur sa tête, et perds encore quelques dizaines d’age. Fabuleux. Je découvre ensuite sa montre design, fabriquée par ses petites mains. Architecte, designer, styliste ? Mais bon sang qu’a t-elle fait dans sa vie ?

C’est alors, qu’elle me raconte son passé de danseuse, de mannequin pour Balenciaga, et son actuel club de danse dans lequel elle enseigne. Son age, 86 ans. Si vivante.

J’ai donc gardé quelques photos de ce moment précieux, de cette leçon de vie, et quelques timbres. Des timbres ? Ses timbres.

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Cet été, j’ai été beaucoup inspirée par le défilé Printemps-Eté 2013 de Dolce&Gabbana, et je suis ravie de pouvoir enfin vous montrer les photos de ma dernière création…

L’idée au départ était de faire un body du défilé de Dolce, ressemblant à ça…

Dolce&Gabbana défilé Eté 2013
Dolce&Gabbana défilé Printemps-Eté 2013

On m’avait offert un stage dans un atelier de couture, j’avais toutes les cartes en main pour réussir ce pari risqué …

J’ai donc commencé en janvier de cette année mon entreprise. Je déniche tout d’abord une jolie étoffe Dior, dans un magasin de tissus à Nantes. Un doux mélange de fils de laine, de tulle et de fils métalliques … un vrai luxe que je m’offrais, mais à petit prix (30 euros).

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Maille de laine Dior

J’expose mon projet à ma prof de couture, et toute contente, je lui montre les différents bodys auxquels j’aspirais.

Je la vois esquisser une moue sur son visage qui n’inspirait rien de positif …  » Un body ? mais il faut au moins dix ans d’expérience pour pouvoir se permettre de faire de la lingerie! ».

Adieu veau, vache, cochon… Perrette voit ses rêves se défiler.  Je revois donc mes ambitions, tout en gardant mon cap. OK, on fera un caraco et un short.

Après tout, c’est ça la création, c’est savoir faire évoluer ses idées, concevoir au fil de ses inspirations, accepter le changement, faire murir son idée de départ, s’adapter aux contraintes matérielles…

Me voilà donc lancée sur le patron du caraco… je n’avais pas touché à la géométrie depuis 10 ans. « Oulala ». Puis je m’attaque à la découpe de mon tissu, qui s’annonçait déjà assez capricieux. Trop fragile pour passer à la machine, je me résouds à le coudre entièrement à la main.

Au bout de quelques heures de travail,  le caraco prends forme et avec lui, mes idées. Animée par l’univers de Dolce & Gabbana, je décide de faire les mêmes finitions que certaines pièces du défilé. Mon tissu s’y adaptait parfaitement, avec sa trame en laine.
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Je me suis attaquée au short qu’en juillet, à mon retour d’Italie. En effet, je préférais ne pas trop me hâter, car il faut prendre du temps pour ce genre de chose!

Cette fois, je m’y suis mise seule, avec l’aide d’un patron. Pour finir, j’ai choisi de surfiler chaque bordure au fil d’or, donnant une note précieuse et ancestrale à l’ensemble.

Quelques coups d’aiguille plus tard, voilà le résultat !

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« Ce n’est pas assez que de présenter l’extérieur des costumes, il importe de faire connaître les pièces intérieures: souvent ce sont elles qui forment tout le prestige des modes ».    Guillaume F.R Molé

C’est  ainsi que commence l’exposition « La mécanique des dessous », qui a lieu aux Arts Décoratifs (jusqu’au 24 Novembre).

En voulant faire une rétrospective sur les artifices utilisés par les femmes et les hommes du 14e siècle à nos jours, l’exposition nous plonge dans de grandes interrogations quant au rôle de la mode, et à son évolution.

Alors que les femmes d’antan se contraignaient à porter des corsets, ou autres structures en tous genres pour magnifier leur corps, aujourd’hui, elles l’oublient et se préoccupent davantage du vêtement lui-même.

De ce qui était un second corps, il ne reste qu’une seconde peau. Une seconde peau qui est plus importante que la peau naturelle…

Le vêtement triomphe désormais, il est libre, et n’est plus l’esclave de la femme. Vous me direz que c’étaient les femmes qui étaient esclaves de ces structures métalliques. Mais quand on regarde aujourd’hui ce qu’il en est, on voit que les femmes sont tout autant soumises aux diktats de la mode. Si elles le sont moins physiquement, elles le sont davantage mentalement.

La mode, le vêtement, lui, a triomphé. Il s’exprime et s’est libéré de ses fonctions primaires : mettre en valeur le corps féminin.  Certes, je ne vais pas dire que la féminité n’est pas au cœur du travail de certains stylistes, mais parfois ils l’oublient au profit de la créativité …

Assez de réflexions philosophiques, les photos parlerons mieux d’elles-mêmes!

photo expo Les visiteurs peuvent essayer des paniers, crinolines ou corsets spécialement faits à l’identique. Je n’ai pas hésité!

Structure de corset

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Un faux-cul…

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Comment les designers aujourd’hui réinterprètent ces structures…

Thierry Mugler, prêt-à-porter, PE 1992
Thierry Mugler, prêt-à-porter, PE 1992
Versace, mini-robe bustier, haute couture PE 2012
Versace, mini-robe bustier, haute couture PE 2012
Iris Van Herpen, collection micro couture, PE 2012
Iris Van Herpen, collection micro couture, PE 2012
Dolce&Gabbana défilé Eté 2013
Dolce&Gabbana, défilé PE 2013

Je ne peux m’empêcher d’évoquer le dernier défilé d’Été de Dolce&Gabbana, qui évoque la nostalgie du « vêtement-structure »…